Encore un peu de bruit dans le fansub drama

Le débat éthique au sujet du fansub est sans doute aussi vieux que le fansub lui-même (il a d'ailleurs laissé des traces assez antiques sur Internet), mais c'est décidemment un marronnier impérissable. Il a sévi ces dernières semaines avec une vigueur renouvelée à l'occasion de diverses déclarations, en général assez alarmistes, de professionnels du secteur de l'animation japonaise, américains et japonais.

Zetsubou shitaÀ désespérer?

Ça jase en France aussi

Entre la bourde d'ODEX qui touche Club-Internet et le président de la Fnac qui rend à celui de la République une copie parlant de sacrifier les libertés individuelles au bien-être des marchands de disques, il y avait toutes les raisons pour que la controverse prenne aussi pied par chez nous. Ça fait parler dans les forums, comme ils disent à Nolife, et Skav rebondit sur une remarque de Raton (jetez un œil à la mise à jour du mardi en fin d'article) pour importer le débat sur Blogchan.

Je n'entrerai pas comme Skav le fait sur le terrain passionnant mais complexe du droit de la propriété intellectuelle, de ses trop nombreux abus et de son inadéquation profonde aux réalités techniques contemporaines; qu'il me soit seulement permis à ce sujet de renvoyer à l'intervention lumineuse de Larry Lessig à TED. Je vais plutôt me contenter de rajouter un peu de bruit à propos du fansub : ça ne sert sans doute pas à grand-chose pour un débat sans fin, mais c'est probablement le lot commun des blogueurs médiocres que de monter dans les trains en marche. Et pas que les blogueurs, d'ailleurs, puisqu'on apprend sur MANE que le troll en question figurera en couverture de l'édition d'AnimeLand à paraître mercredi prochain.

Cela doit faire un an que j'ai cessé de regarder du fansub. Je vous écris donc du haut du piédestal où sont perchées les âmes désormais droites et candides (rires enregistrés) quelques raisons pour lesquelles avoir profité de cette activité illicite (et y avoir même en une occasion contribué) ne m'accable pas de remords et ne me porte pas à la contrition.

Le modèle économique de l'animation japonaise

Le point sur lequel j'aimerais attirer l'attention, parce qu'il me paraît assez souvent occulté dans le discours des contempteurs du fansub et négligé de manière générale : la façon dont se finance un anime actuellement.

Money desu

Il faut faire le tri, bien entendu. Les vénérables séries animées familiales comme Sazae-san, ou les blockbusters pour enfants comme Naruto et PreCure, ont des modes de financements bien différents de ce que je vais exposer, reposant largement sur les produits dérivés. L'expérience semble montrer du reste qu'ils sont assez rentables.

Les séries qui m'intéressent (ici et dans la vie) sont celles à destination du public otaku. Depuis une dizaine d'années, ces séries, de plus en plus nombreuses, ont pris place dans les créneaux horaires tardifs, après minuit. On a assisté dans le même temps à un désengagement relatif des grands réseaux de télédiffusions, qui ont pu montrer une certaine frilosité face au contenu pas toujours tout-public de ce type de programmes.

Contrairement au système qui prévalait auparavant, dans lequel un diffuseur national prenait une part active, financièrement parlant, à la production de la série, et la diffusait sur son réseau avec l'intention d'engranger des revenus publicitaires, l'essentiel des anime pour otaku passe à présent sur des chaînes locales indépendantes, dans des plages horaires qui sont louées pour l'occasion par les comités de production. En d'autres termes, ce ne sont plus les chaînes qui paient pour diffuser de l'anime, mais les anime qui doivent payer pour être diffusés. La diffusion télévisée tient lieu de vitrine publicitaire payante, en quelque sorte, en vue de ce qui constitue pour les anime UHF la principale source de revenus : les ventes de DVD.

Pour donner une idée des montants mis en jeu, on estime en général les coûts de production proprement dits d'une série animée (tenant compte des salaires que l'on sait misérables des animateurs) à environ 10 millions de yens (60000€) par épisode. Les DVD, comportant en général deux épisodes pour une série de ce type (qui en compte le plus souvent douze ou treize), sont vendus aux alentours de 5000¥ à 6000¥ pièce (30€), marge du distributeur comprise, et les chiffres de vente avoisinent typiquement les 5000 copies—un succès fulgurant comme Haruhi fait dix fois mieux, et une série qui se vend mal n'atteint pas 2000 copies vendues par DVD.

Faites le calcul, et vous verrez pourquoi les banques ne prêtent pas aux producteurs d'anime. Il y a certes d'autres sources de revenus pour un titre donné (CD, figurines, illustrations, merchandising, etc.), mais les perspectives de rentabilité sont minces.

Dans ce contexte, on peut comprendre pourquoi les débouchés internationaux commencent à compter. Il semble que la licence de distribution DVD d'une série japonaise en Amérique du Nord se négocie à près de 20000$ par épisode pour une série raisonnablement populaire, donc dans les 2 millions de yen. C'est loin de couvrir les coûts de productions, mais c'est un coup de pouce qui peut avoir son importance. Cela dit, il me semble que les Cassandre qui, constatant les difficultés de l'industrie de l'anime aux États-Unis, prédisent déjà la mort de l'anime de l'autre côté du Pacifique, ont un sens aigu de l'hyperbole.

Où je voulais en venir

Probablement l'animation japonaise n'est-elle pas ces temps-ci au mieux de sa forme. Le marché ne semble pas croître assez vite pour absorber une quarantaine de nouvelles sorties chaque saison. Le manque d'attractivité des métiers de l'animation préfigure des problèmes structurels délicats. La défiance actuelle à l'égard des otaku (et certains excès, peut-être, de la part du milieu lui-même) à conduit à des fiascos dont l'industrie se serait volontiers passée.

L'animation japonaise n'est pas en forme, et pointer sereinement les responsabilités nécessiterait sans doute d'en prendre sa part. C'est bien trop fatigant quand les téléchargeurs, que dis-je, les pirates, font des boucs-émissaires tout désignés.

Pirates can be cute tooCeux qui mettent l'industrie en péril

Pourtant, les montrer du doigt dans ce contexte me paraît profondément à côté de la plaque, plus encore si c'est possible que dans le cas de l'industrie musicale. Parce que les gens qui regardent du fansub ou des raws font exactement la même utilisation de la diffusion télévisée que le spectateur japonais lui-même, et de plus sans préjudice pour le producteur, puisque la télédiffusion coûte de l'argent au lieu d'en rapporter. Le bénéfice escompté de ladite diffusion est l'achat de DVD : il n'y a pas de raison de supposer que cette incitation est moins forte dans le premier cas que dans le second. À vrai dire, il y a même tout lieu de penser l'inverse — on imagine assez facilement le visionneur de fansub ressentir une obligation morale d'acheter les DVD d'une série qu'il aura appréciée, obligation morale que ne crée pas le fait de voir une série à la télévision.

En ce qui me concerne, en tout cas, j'imagine d'autant plus facilement ce genre d'obligation morale que j'en constate les effets pesants sur mes étagères et sur mes finances. Il m'arrive très souvent d'acheter des DVD qui restent ensuite longtemps dans leur cellophane, simplement parce qu'après avoir vu la série sur Internet, ça paraît un juste retour des choses. Ou simplement par compulsion de collectionneur, je ne sais pas.

Je ne peux pas être d'accord avec jpmeyer qui prétend, non sans une certaine dose de provocation, que l'anime n'a pour lui aucune valeur. Elle en a pour moi, et je souhaite qu'elle vive (et Ikea en profite au passage). Pour le reste, il faut sans doute serrer les dents et laisser passer la bourrasque.

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G4tsu.P
Sat, 2007-12-01 10:15
 

Je suis en totale accord avec tes propos. Car moi-même, je vois la diffusion fansub comme un équivalent de la diffusion TV au Japon. Et de la même façon, j'ai ce besoin d'acheter les séries que j'ai apprécié en DVD, dont certaines que je n'ai toujours pas revisionné (Haibane Renmei, Naushika...).
Et je suis d'autant plus d'accord avec tes propos, que les seuls DVD que j'ai acheté sont des DVD que j'ai vu en fansub avant, les DVD que j'ai "acheté" à l'aveuglette se compte sur les doigts de ma main, et parce qu'ils ont tous étaient encensé par de multiples sources. Triste réalité, mais si (pour une raison ou une autre), le fansub cessait d'exister, il est probable que je n'achéterai probablement plus de DVD hormis ceux dont je suis sur de la qualité (Ghost in the shell), qualité qui fût confirmé par différentes sources. Je passerai tout simplement à autres choses.

Pour étayer ce fait, je peux prendre l'exemple de ma situation actuelle :
Je ne lis personnellement que très rarement des scantrads, et en conséquence je n'échète que très très rarement des mangas. Les mangas que j'échètent sont constituer à 75% de série que j'ai déja vue en anime et adoré et dont je veux voir les différences entre les 2 versions.
A noter l'initiative de Kurokawa qui fournit 1 malheureux chapitre pour se faire une idée. Si, il fournissait pourquoi pas en scantrad la moitié du volume 1 ça pourrait faire une excellente promotion et doper leurs ventes... (ou tout au moins mes achats Y_Y). C'est cette initiative qui m'a donné envie quand j'ai était contraint de me rendre au furet de lire un peu Yotsuba, et au final je suis la série désormais.

Donc comme vous l'aurez compris, je me pose plutôt la question du "Est-ce que l'animation et le manga peut survivre en dehors du Japon sans fansub ni scantrad?"
(Surtout l'animation d'ailleurs)

G4tsu.P
Sat, 2007-12-01 10:20
 

Sinon, je sors légérement du sujet, mais vous avez vu les rayons des revendeurs DVD ces derniers temps?
Il n'y a plus une seul série intéressante en vente ou alors les vieilles que je me suis toujours pas décidé à acheter à cause de la politique tarifaire beez (gundam seed) et de kaze (Initial D).

Sat, 2007-12-01 15:00
 

N'empêche, je m'insurge contre l'idée mise dans certains liens que le fichier vidéo téléchargé sur le net est d'une qualité comparable à celle d'un DVD. Comparable à celle d'un DVD médiocre balancé par une société de glandeurs cherchant à se faire une rente sur une niche, peut-être, mais on va quand même pas prétendre que des fichiers archi compressés pesant 10 Mo la minute de vidéo qui finiront sur des disques durs ou des DVD gravés jouissant dans le meilleurs des cas d'une durée de vie de 20 ans sont d'une qualité comparable à celle d'un DVD vidéo passé à la presse et correctement fait.

Reste qu'on peut se poser dans le cas des animes la question des choix de production: un DVD qui a du succès se vend à 50.000 exemplaires dis tu? alors même que la population japonaise des 15-25 ans (le cœur de cible) se monte à 13-14 millions d'individus, même à considérer que le cœur de cible est les 15-25 ans de sexe masculin, on arrive quand même à une situation où moins de 1% de la population ciblée achète les "blockbusters".
En d'autres termes, c'est toute l'idée de se reposer sur un marché de niche qui pose problème: en produisant des animes destinés à une niche restreinte mais dépensière, j'ai l'impression que beaucoup de studios ont adopté une attitude de rentier en se disant que leur clientèle les suivrait et qu'il leur suffisait d'augmenter la quantité de séries produites pour augmenter leurs marges, sauf qu'à avoir ce comportement, premièrement, ils se coupent de tout le "grand public" (déjà que téléchargeable gratuitement, j'ai pas envie de me coltiner leurs Nanoha Double X Plus Striking Bis Repetita et consort, si en plus on me demande d'ouvrir mon portefeuille...) et deuxièmement, viens le moment où même le gros otaku n'a plus d'argent à mettre dans la balance.

Aussi je me demande si dans le fond, ces histoires de piratage d'anime ne sont pas qu'une variante de la fainéantise des majors et des grosses boîtes de production: on fait pas du bon travail, on ne VEUT PAS faire l'effort du bon travail, et quand la clientèle qui en a soupé des star-ac, Resident Evil navetisé pour le petit écran et autres animes vites faits mal fichus, on pointe du doigt les internautes pour faire oublier qu'on a fait que glander ces dix dernières années.

Sat, 2007-12-01 18:02
 

"je ne regarde plus de fansub" : ne me dis pas que cela fait une quelconque différence de regarder des raws, ô hypocrite ! D'autant plus quand on a soi-même *fait* du fansub.

Je voulais faire mon article suivant sur le business model de l'animation, il y a plein de sources intéressantes dans les qq sites de recherche sur l'animation, mais tu m'as doublé. Ajoutons qu'en terme de droit de la propriété intellectuelle, les artistes ont nada. Pas de droit moral incessible au Japon.

Sat, 2007-12-01 19:11
 

L'argument "le fansub équivaut a un passage TV" est faux. Le passage TV est éphémère, on peut le manquer et une fois fini, impossible de regarder a nouveau cet épisode complexe ou bien de se repasser en boucle cette scène si réussie. En plus le fichier téléchargé (raw ou sub, le problème est le même au japon en ce moment) est transférable, copiable... Il empiète bel et bien le domaine du DVD. Surtout en cette période de transition vers les format HD, qui voudrais acheter un média inférieur après avoir suivit un titre en HD (nixou > pour t'en convaincre jette un œil a Kumo no mukô en HDTV rip, puis regarde ton DVD et pleure).

Maintenant l'impact réel du piratage est dur à évaluer, les éditeurs traitant les chiffres comme de véritables secrets...

Sun, 2007-12-02 00:53
 

"Le passage TV est éphémère"
Et le magnetoscope ? Programmable qui plus est ?

mt-i
Sun, 2007-12-02 04:20
 

@G4tsu.P: je ne suis pas sûr que le marché de l'anime et celui du manga soient si faciles à mettre en parallèle. Si l'on se place du point de vue du consommateur japonais, il n'y a pas vraiment pour le manga d'équivalent de la diffusion télévisée pour les anime, à part peut-être le tachiyomi (lequel se pratique tout aussi couramment en France si j'en crois mon dernier passage par le couloir manga de la Fnac près de chez moi). Les magazines de prépublication jouent un rôle plus ou moins publicitaire aussi, bien sûr, mais ils ne sont pas gratuits, et on ne récupère pas quatre chapitres d'un coup en achetant un exemplaire. Sur le fond, bien sûr, il y a un facteur 10 entre le prix d'un manga et celui d'un DVD; le manga, c'est 40% du marché de l'édition au Japon, alors que l'anime est un marché de niche.

Pour ce qui est des sorties anime récentes en France, chacun son truc, sans doute, mais en ce qui me concerne j'y trouve plutôt mon compte. Ne serait-ce que Ichigo Mashimaro qui sort chez Dybex (et Koi kaze, et Mahou tsukai ni taisetsuna koto...), les licences Anima, les choses qui se préparent chez les petits nouveaux comme WE Prod...

@Nix: les vrais blockbusters, les Naruto et autres Bleach, ne vendent pour ainsi dire pas de DVD. Le marché du DVD d'anime, à part pour les films de cinéma (Ghibli en tête comme toujours), est restreint aux otaku, et culmine de ce fait à cinquante ou soixante mille copies vendues, pour Haruhi ou un quelconque Gundam. On peut penser blamer le mauvais positionnement commercial adopté par les producteurs, mais enfin dans l'esprit du "grand public", comme tu dis, l'anime, c'est un truc pour gamins, au Japon comme en France. Adulte, suivre une série animée, c'est limite transgressif, alors acheter le DVD, n'en parlons pas. Pour le reste, chacun ses goûts, mais comme je l'ai déjà dit, je ne me plains pas de la qualité de ce qui sort ces temps-ci; la médiocrité domine, bien sûr, mais chaque saison apporte son lot de jolies choses.

@Skav: si j'ai donné l'impression d'être sérieux en laissant entendre que le fait de regarder des raws plutôt que des fansubs me donnait un regard extérieur, désintéressé et moralement supérieur sur le sujet, il faut que j'envoie mon sarcasmomètre à réviser :-). Sur le sujet de l'économie de l'anime, il y a largement de quoi creuser: rôle des annonceurs pendant la tranche horaire louée; acquittement des droits pour les séries qui sont adaptée de mangas, romans, jeux vidéos; fourchette plus précise des coûts (j'imagine que Clannad coût vraiment plus cher à fabriquer que Minamike); rôle de la sous-traitance par les comités de production; évaluation quantative des autres débouchés que le DVD; comparaison de la situation des anime UHF et des autres anime de nuit (ceux de TBS ou TV-Tokyo, par exemple); la liste est longue, mais trouver des références fiables n'a rien d'évident. Si tu as des sources intéressantes, n'hésite pas à faire un billet.

@Tetho: non seulement, comme le dit Skav, les magnétoscopes et les DVR existent, mais, puisqu'il est question de séries qui passent vers les deux-trois heures du matin, c'est même la méthode privilégiée pour profiter effectivement de la diffusion (sauf à être hikki ou noctambule). Par ailleurs, Nix a en partie raison quand il compare la qualité de la diffusion télé (donc des raws, y compris HD) à celle des DVD: le DVD bénéficie fréquemment de corrections dans l'animation, les fonds, les détails (sans parler des exemples extrêmes comme Kojika), en plus des éventuels bonus. Vivement les vraies sorties Blu-Ray, donc.

QCTX
Sun, 2007-12-02 17:56
 

Je reste tout de même sur le cul par la démonstration du "TED talk". C'est la première conf du TED dont j'arrive à comprendre plus de 60 %. Sans compter le passage où il utilise des AMV pour démontrer le droit à la (re)création.

Thu, 2007-12-06 05:22
 

Actually, I think I submitted the wrong transcripts or something with my Ph.D. applications, because I got rejected everywhere! Fortunately I at least managed to get a job in TV. I can tell you (well, I mean I can't really or I'll get fired) how much IFC pays per month in order to show Witchblade on VOD, for example.

mt-i
Sat, 2007-12-08 01:27
 

Oops, I'm sorry to hear things didn't work out the way you wanted :=/. Hopefully your job is interesting too.

I messed up my own Ph.D. application as well, actually (due to missed deadlines and general discouragement).

Tue, 2008-04-29 12:34
 

I am as fortunate as Jpmeyer is ... only difference is after my mess on phd I am now Radio Jocky :)

Cheers,
Colleen

SillyB
Wed, 2008-09-24 17:42
 

Article très intéressant, pour ma part, tous mes achats de DVD d'animes se font après les avoir mater en fansub que ce soit en français en les prenant sur des sites comme Fansub-BT ou en anglais sur AnimeSuki et s'il n'y avait pas ce monde du fansub, j'aurais jamais pu découvrir ces animes, donc je pense que c'est une grosse pub pour les éditeurs :)

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