Contrefacteurs-livreurs

Merci Raton, j'ai bien lu tes conseils aux blogueurs, et j'ai bon espoir qu'en les méditant longuement, je saurai attirer vers ce blog à la réputation déjà internationale un lectorat assidu parmi les nombreux passionnés francophones de dessins de petites filles. Point trop n'en faut, cela dit — on ne sait jamais jusqu'où va le devoir de réserve, alors il faut parfois rester discret. À propos de discrétion, d'ailleurs, j'aimerais adresser un message personnel à l'amoureuse secrète dont le client RSS alimente les statistiques de ce site pendant ses longues périodes de léthargie : n'hésite pas à m'écrire, même si tu as plus de dix-huit ans.

Mais je m'égare... Ce dont je voulais bavarder aujourd'hui, c'est du problème suivant. Si l'on met de côté le très sage commandement, certes de bon sens mais bien difficile à suivre, de régularité dans la publication, le plus délicat des conseils de Raton est probablement celui-ci, il me semble : « Arrêtez de pirater ».

Quoi qu'elle ait été indirectement à l'origine de mon avant-dernier billet, je n'avais pas vraiment commenté l'invasion lancée depuis IRC chez un blogueur malappris qui joignait à ses critiques enthousiastes de diverses sorties musicales japonaises des liens de téléchargement illégaux vers les albums correspondants. L'invasion en tant que telle est un procédé difficile à cautionner, mais je conviens que le contenu visé en l'occurrence était déplaisant, surtout si, comme le rapporte Raton, le blogueur défendait ses pratiques avec une certaine effronterie.

Objection!Le piratage, c'est MAL!

Pour autant, je crois qu'il serait assez malvenu de prononcer une condamnation morale sans nuance à l'encontre du fait de « dire du bien de quelque chose » et de fournir pourtant « des informations pour le voler ». Je serais pour ma part en assez mauvaise posture pour formuler un jugement de ce type, du reste, pour m'être déjà rendu coupable, non sans scrupule, du même délit exactement; c'était sans intention de nuire aux revenus des créateurs, plutôt même avec l'espoir d'un effet positif à long terme, mais je ne peux pas exclure que ça ait joué dans le mauvais sens (bon, je ne me fais pas d'illusion sur la fréquentation de ce blog: aucune chance d'avoir un effet dans un sens ou dans l'autre). Ceux qui ont suivi le lien du billet d'hier vers moetron ont peut-être remarqué que pKjd, dont la moralité ne fait pas de doute, a connu un errement semblable.

Plus généralement, d'ailleurs, et même en mettant de côté ce que peuvent être les comportements personnels rarement angéliques des uns et des autres vis-à-vis de la propriété intellectuelle, la violation du droit d'auteur est presque chose banale sur les blogs consacrés à l'anime, même les plus respectables. Ainsi, l'habitude d'illustrer ses articles d'images tirées de sites tels que danbooru est si courante qu'on est presque étonné de la voir remise en question, comme elle avait pu l'être par kwok à l'époque de feu lolicontrol. Ne parlons pas des bannières, qui ne remplissent à peu près jamais les conditions de fair use ou de courte citation (celle de ce blog-ci pas mieux que les autres).

Sono hanabira ni kuchizuke woGrâce aux danbooru-like, on peut illustrer ses articles
par de jolies images sans aucun rapport, yay!

Cela dit, toutes considérations morales mises à part, il y a probablement des raisons pratiques pour lesquelles il vaut mieux proscrire les invitations directes au téléchargement : comme le dit Rukawa, ça ne fait pas venir le bon public. Randall Fitzerald en avait fait la désagréable expérience, certains s'en souviennent peut-être, aux débuts d'oniichannoecchi [NSFW]. Les critiques de doujins étaient flanquées d'un lien de téléchargement, pour donner envie aux lecteurs de s'intéresser aux productions de tel ou tel cercle. Résultat : plutôt que de demander où ce genre de choses s'achète pour de vrai, les visiteurs se contentaient de crier MOAR.

D'un autre côté, certains excès en sens inverse n'ont pas grand sens, et il appartient sans doute à chacun de juger en conscience où placer la limite entre publicité légitime pour les œuvres qu'il apprécie et incitation à la consommation illicite et sans contrepartie.

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Thu, 2007-12-06 19:42
 

A noter que l'invasion n'a été que le dernier recours, hein. Un dernier recours hilarant, mais un dernier recours quand même.

Mais bon, toujours d'accord avec mt-i. En fait, je veux lui faire l'amour dans le pli derrière l'oreille, à coté du lobe.

srsly.

Thu, 2007-12-06 23:03
 

Je n'ai retenu que la dernière image de l'article.

Fri, 2007-12-07 02:43
 

Raton serait-il la belle inconnue ? Enfin si l'admiratrice anonyme rafraîchit le flux RSS toutes les 2h, je crois savoir de qui il s'agit. Cruelle déception ...

Ceci dit ce billet me paraît assez normand, je ne sais pas trop quoi en penser. Peut-être en saurai-je plus demain avec un peu moins d'alcool dans les neurones. A part qu'il y a plein de lien, on voit donc que tu es un bon élève. On ne se refait pas, malgré ses velléités anarchistes intempestives.

Gugu
Mon, 2008-01-28 11:00
 

Je vais pas vous refaire la démonstration téléchargement=/= piratage, des gens beaucoup plus intelligents que moi s'en sont déjà occupés.
Cela dit j'aimerai attirer votre attention sur le fait que ce que les fans téléchargent n'est pas forcément une attaque contre les auteurs.
Je vous explique, prenons un exemple simple: Moi.

Je suis RMIste, j'ai 534€ par mois pour vivre, payer mes factures faire des cadeaux à ma fille etc...
J'ai donc un budget animation de O€
en termes commerciaux alambiqués je suis un non-consommateur absolu: je n'achèterai de toute façon rien.
Donc lorsque je télécharge (oui je suis un pirate) je ne peux léser un quelconque producteur étant donné que je n'ai pas la possibilité d'acheter ses œuvres.
Il en va de même pour les produits non disponibles en France (entre autre séries TV sortant juste de diffusion, CD non distribués en France etc...) où de toute façon le consommateurs français n'ont pas ou peu accès au produit ou dont le prix à l'import les transforme de facto en non-consomateurs absolus.

Cela dit j'admets clairement que télécharger des films en version Française, des albums disponibles dans les bac de la FNACet les séries TV disponibles en VF ou VOSTF dans les magasins c'est mal et c'est répréhensible mais il serait temps que les majors cessent de hurler que le téléchargement tue la musique... Elles n'ont jamais fait autant de flouze qu'avec internet...
Et si le marché du disque recule de 15% c'est plus dû à l'absence d'originalité dans la musique "crée" par les grands noms poussés par les majors plutot que le travail de nouzautres vilains pirates (pour ceux pas convaincus je vous conseilles vivements d'aller lire http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2007/09/20/whats-the-future-of-the-music-industry-a-freakonomics-quorum/index.html?ref=media attention lien en anglishe)...

Soa
Mon, 2008-03-03 23:38
 

Can you add the translation feature to this page. I love the illustrations but cant read the accompanying articles.

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