La Passion selon dix revues (1/2)

C'est aiguillonné par nyo et maintenant cdt, qui nous exhortent à témoigner notre PASSION (ce doit être l'approche du concert de JAM Project à la Chibi qui les met dans tous leurs états), que je ranime ce blog pour au moins quelques temps j'espère. Taihen gobusata, tout ça, tout ça.

En attendant d'avoir un peu de temps pour des analyses de fond, comme l'influence de PIL sur le paysage musical nippon, ou encore l'étude de ce que l'archétype de la loli tsundere nous apprend des enjeux de pouvoir dans les relations nijikon, laquelle étude permettra d'ailleurs probablement d'éclairer Exelen quant à l'attrait profond que suscite Kugimiya Rie, et d'expliquer pourquoi Taiga est le meilleur personnage de la saison qui commence; à ce propos, je ne peux m'empêcher de faire part de ma profonde déception quant aux récents résultats du Saimoe!

Naku Nagiお嬢さまああああああぁぁぁ!(´_`。)グスン

Comme en plus Miyako s'est fait éliminer, on va assister à des quarts de finale parfaitement sans intérêt. Rattrappons ça là où c'est encore possible! Mais je m'égare... En attendant, disais-je, de pouvoir vous livrer (plus de deux mois après il serait temps...) quelques impressions un peu consistantes sur le C74, où certains exposants, que j'ai terriblement honte de faire attendre de la sorte, ont eu la gentillesse de se laisser interviewer, je vais sacrifier à un petit exercice de remplissage inconséquent (et dont je tairai le temps qu'il m'a fallu pour l'écrire).

Depuis un bon mois se succèdent sur blogchan les top 10. Prenant exemple sur Amo, FFenril a proposé un top 10 des personnages d'anime les plus agaçants, et suggéré une petite animation blogosphérique en demandant à d'autres intervenants d'imaginer des top 10 de leur cru. Il passe ainsi la main à cdt, qui la passe à son tour à nyo. Inuki, Exelen et Corti sont également de la partie. Je ne sais pas si c'est vraiment le genre de community building dont rêve le Raton, mais l'initiative semble avoir eu son modeste petit succès; d'ailleurs, s'il me lit, qu'il ne se gêne pas pour participer (ou à défaut, pour écrire un billet incendiaire détaillant ses raisons de ne pas le faire :-). Mais c'est surtout à Skav que j'aimerais transmettre le bâton, en tout cas une fois que j'aurai pris la peine de courir ma portion du relais. On l'entend trop peu ces temps-ci sur l'actualité de son propre agrégateur.

Passer le bâtonAllez, tiens!

Ainsi donc vais-je vous proposer à mon tour, vous l'avez compris, un top 10. Mais lequel? Puisqu'à ce stade, le lecteur pressé nous a sans doute quittés, je pourrais probablement retracer le fil des idées successives qui me sont venues, et la façon dont le scrupule légaliste et le respect des bonnes mœurs m'auront fait à chaque fois reculer. Si toutefois ce blog recevait de jeunes visiteurs, je m'en voudrais de froisser leur virginale oreille; aussi laissera-t-on ce cheminement à l'imagination de ceux qui ont perdu la leur, pour en venir enfin au fait. Ce que j'ai finalement choisi de vous soumettre, c'est un top 10 des magazines les plus moe.

Innocent SmileGenre celui-ci. Au passage, Nogizaka Haruka no himitsu était loin d'être renversant, mais c'était assez mignon pour se laisser voir jusqu'au bout.

En effet, comme bien des mouvements littéraires et artistiques d'importance comparable, ce qu'il est convenu, en tout cas dans les cercles académiques, d'appeler la culture visuelle moderne, et son principal courant, le moe, s'expriment au travers d'un certain nombre de revues, qui ont certes plutôt tendance à se présenter sous forme de magazines, mais dont les directeurs de rédaction n'en sont pas moins les Gaston Gallimard de notre temps. Ou pas loin. Je vous propose donc de passer en revue dix de ces magazines, parmi les plus représentatifs du mouvement. Pour ménager le suspense, toutefois (et surtout pas parce que je suis une feignasse, bien entendu), je ne vous livrerai pour aujourd'hui que la première moitié du classement; je garde le meilleur pour la fin.

+∞. MOE

Couverture de MOE
Type de magazine: 
livres d'images
Lancement: 
?
Périodicité: 
mensuel (tous les 3 du mois)
Prix: 
790¥
Ero level: 
×
Moe level: 
× (×_×;)

Il y a des magazines mal nommés. Il y a des magazines nommés n'importe comment. Et puis il y a MOE. Oh, je suppose qu'il doit y avoir une raison, une justification, quelque part, qui explique cette anomalie complètement surnaturelle. Des initiales, qui sait? Mais quand même, quoi. Regardez la couverture. Et si ça ne suffit pas, promenez-vous sur le site web. Voilà, vous avez une idée à peu près convenable de ce que n'est pas le moe.

Cela dit, même en matière de livres d'images, le moe à toute sa place. L'un des artistes les plus en vue du mouvement, POP (qui illustre par exemple le célèbre lexique d'anglais Moetan), a une série à son nom chez l'éditeur de livres pour enfants Poplar. Vous pouvez éduquer vos bambins dès le plus jeune âge.

11. Dengeki Daioh

Couverture de Daioh
Type de magazine: 
manga
Tendance éditoriale: 
y en a-t-il une?
Lancement: 
1994
Périodicité: 
mensuel (tous les 27 du mois)
Prix: 
580¥
Âge des héroïnes: 
lycéennes
Bonnets: 
C
Ero level: 
★ (´ー`)
Moe level: 
☆ (´ー`)

Daioh, c'est une sorte de doigt dans l'engrenage. Ou en tout cas, ça l'a été pour moi. C'est une des raisons pour laquelle il figure dans ce classement, quoiqu'au-delà de la dixième place. L'autre raison pour laquelle je ne pouvais pas ne pas le citer tient en deux mots: Ichigo Mashimaro.

Officiellement, c'est un magazine de prépublication de manga shounen. Il y a quelques mois, ça aurait sûrement fait sourire, compte tenu du contenu du magazine et de son lectorat. Depuis l'arrêt de Dengeki Gao, dont il a repris beaucoup de titres, doublant ainsi de volume pour un prix inférieur (avec en échange l'encre qui reste sur les doigts), on peut peut-être commencer à prendre la classification au sérieux, mais ce n'est pas certain.

Le principal lien qu'on peut trouver entre les manga sérialisés dans le Grand Roi est sans doute d'intéresser le fan d'anime pas nécessairement très atteint: l'essentiel des titres sont des adaptations d'anime (Gurren Lagann, Shingetsutan Tsukihime...), de light novels (Shana, Toradora, Wagaya no Oinarisama, Allison...) ou de jeux vidéos (ef, White Album, Chaos;Head...) souvent via des anime. Le fanservice est généralement très limité et l'accent plutôt mis sur la progression narrative ou le développement des personnages. Les quelques titres originaux de Daioh sont assez variés mais généralement assez solides, et pour certains (Yotsuba&! et Ichigo Mashimaro) assez exceptionnels.

Bref, ça reste un magazine qui ne fait pas honte, et qui doit même rester présentable dans le métro à côté des salarymen compulsant leur Jump. Mais c'est un premier pas. Et gare à celui qui s'aventure plus loin!

10. Dragon Age Pure

Couverture de Dragon Age Pure
Type de magazine: 
manga
Tendance éditoriale: 
jun'ai-kei
Lancement: 
janvier 2006
Périodicité: 
bimestriel (le 5 des mois pairs)
Prix: 
680¥
Âge des héroïnes: 
lycéennes et plus
Bonnets: 
B
Ero level: 
★ (´ー`)
Moe level: 
☆☆ (´∀`)

Plus loin, ce pourrait être Dragon Age Pure, un autre magazine de manga shounen qui ne ressemble pas vraiment aux classiques du genre.

Pour comprendre son positionnement, on peut mentionner que l'éditeur, Fujimi Shobo, est une filiale de Kadokawa Holdings principalement consacrée aux light novels: Slayers, Full Metal Panic!, Kaze no Stigma sont quelques-uns de ses titres bien connus. Dans l'esprit « mediamix » si souvent cultivé chez Kadokawa, Fujimi Shobo publie également des manga, notamment à travers son magazine Dragon Age: il s'agit souvent d'adaptations de romans maison, comme Full Metal Panic! Sigma ou le manga de GOSICK. L'orientation est donc plutôt older teens, ce qui se voit également dans des titres originaux tels que High School of the Dead ou Karin. Malgré l'apparition récente de séries assez otaques (style Lolicon Phoenix ou Otaku no Musume-san), on ne peut pas vraiment qualifier ce qui se publie dans Dragon Age de moe.

À l'instar d'autres éditeurs dont on parlera plus loin, Fujimi Shobo a donc imaginé début 2006, en plein moe boom, une petite opération de moe-ification de sa ligne éditoriale en lançant Dragon Age Pure. Cette déclinaison de Dragon Age d'abord trimestrielle, puis publiée tous les deux mois, est en fait très bien décrite par son épithète. « Pure », c'est en quelque sorte l'essence du journal, qui présente pour l'essentiel des romances jun'ai (c'est-à-dire d'amour pur, et donc essentiellement platonique), comportant de jolis dessins, éventuellement un peu d'action, et en tout cas très peu de fan service. Ce dernier point peut surprendre quand on voit que bon nombres de ces manga sont des adaptations d'eroge — mais il s'agit justement d'eroge jun'ai (Garden de CUFFS — un jeu dont les CG sont superbes, dommage que le reste n'ait pas suivi —, Tomoyo After de Key, Quilt de CLOVER, etc.).

Toujours dans l'esprit jun'ai, Dragon Age Pure publie quelques originaux d'excellente qualité, au premier rang desquels ce véritable délice qu'est Ikoku meiro no croisée. Pensez donc: un manga sur une petite japonaise dans le Paris du XIXème. Ceux qui ont aimé les planches de Takeda Hinata dans GOSICK ne peuvent qu'adorer (et s'ils sont en plus lolicon, alors...). Les mêmes pourront aussi regarder l'adaptation de la série de romans SHI-NO par l'illustratrice Toujou Sakana elle-même: c'est un peu court mais plaisant, et très pure.

Pour résumer, donc, Dragon Age Pure, même s'il est classé comme magazine shounen et fournit jusqu'aux furigana, est un digne représentant de la frange la moins controversée peut-être, mais pas la moins fameuse, de ce qu'on peut appeler moe.

9. Comp Ace

Couverture de Comp Ace
Type de magazine: 
jeux vidéos, manga
Tendance éditoriale: 
eroge et adaptions d'eroge
Lancement: 
mars 2005
Périodicité: 
mensuel (tous les 26 du mois)
Prix: 
680¥
Âge des héroïnes: 
U18
Bonnets: 
B
Ero level: 
★★ (^-^*)
Moe level: 
☆☆ (´∀`)

On continue dans le manga shounen, avec un magazine qui, bien que censé s'adresser aux adolescents, ne publie presque que des adaptations de jeux bishoujo.

À l'origine, Comp Ace est né de la volonté de Kadokawa d'associer les équipes éditoriales de deux vénérables magazines maison: Shounen Ace d'une part, magazine de manga largement centré sur les adaptations d'anime (Evangelion, divers Gundam, Haruhi et tant d'autres; le manga de NHK est d'ailleurs sérialisé là) et Comptiq d'autre part, magazine de jeux vidéo et d'informatique à l'histoire mouvementée (puisque toute la rédaction ou presque a quitté le navire en 1992 pour rejoindre Media Works lors de sa fondation) et qui s'est progressivement tourné vers le mediamix otaku. D'où le nom Comptiq Ace, ou Comp Ace en abrégé. D'où également une ligne éditoriale qui fait la part belle aux manga tirés de jeux vidéo.

Et comme il est bien connu que les jeux vidéo ayant la fois une histoire intéressante et des graphismes dignes d'être repris en manga se confondent à peu de chose près avec les AVG, on aboutit naturellement à la situation actuelle: Akane-iro ni somaru saka, Kimi ga aruji de, shitsuji ga ore de, Higurashi no naku koro ni ~ kokoro-iyashi hen, Fate/kaleid liner et Little Busters sont quelques uns seulement des manga actuellement en cours de sérialisation qui soient adaptés de jeux bishoujo (certes pas tous ero). On ajoutera d'ailleurs volontiers à la liste Touhou Sangetsusei, l'un des manga conçus par ZUN dans l'univers Touhou, parce qu'à défaut d'être des ADV, il ne fait pas de doute que les jeux Shanghai Alice soient qualifiables de bishoujo. La tendance est en fait devenue si nette que Comp Ace a été mis sous la seule égide de Comptiq depuis mai 2007 — il ne devait plus rester assez de liens avec Shounen Ace... Ce qui ne signifie pas du reste que le magazine perde de vue son orientation censément grand-public: on n'est pas au niveau de Dragon Age Pure, mais on n'y trouvera pas pour autant de nudité affichée ou de fanservice outrancier.

Les quelques manga originaux sont tout à fait dans cet esprit de retenue. Mon favori est certainement Hibiki no mahou, dessiné par Izumi Rei sur un scénario de Maeda Jun, le très révéré homme-orchestre de Key. La publication en est malheureusement un peu irrégulière et n'a repris que récemment, mais si vous n'avez rien contre les univers medfan ou les dessins de petites filles et que le genre apaisant/iyashi-kei vous parle, c'est un titre à ne pas manquer. Aucune excuse, il existe même une édition américaine par Tokyopop (et donc des critiques par des « professionnels » du domaine qui manifestent brillamment leur connaissance du genre; « it could certainly be kodomo manga »? puh-leeze...).

Cela dit, quels que puissent être mes goûts, je dois bien reconnaître que, s'il y a un manga phare de Comp Ace à côté des adaptations d'eroge, c'est certainement Lucky Star. Bon, c'est un peu compliqué, parce qu'il est publié pour partie dans Comptiq et pour partie dans Comp Ace (avec d'autres petits morceaux dans divers magazines de la firme). Comp Ace publie en outre une anthologie officielle, Lucky Star à la carte, où un artiste différent à chaque numéro se fend d'une petite parodie, ainsi que deux manga parodiques, Lucky Star ~ Pocket travellers et Buu, buu, Kagabuu. Bref, le lecteur a droit à une quadruple dose de Lucky Star au moins, quand il n'y a pas en outre des dossiers spéciaux et autres suppléments pour venir grossir encore un peu le tout. Pfiou... J'aime bien Lucky Star, suffisamment pour être allé faire un tour à Washinomiya, mais tout de même, point trop n'en faut! À ce niveau, on s'approche du zèle religieux des haruhi-istes (qui ont d'ailleurs eux aussi leur petite gâterie dans Comp Ace: Nyoron Churuya-san!).

En somme, ou bien vous êtes fan de Lucky Star, et alors Comp Ace est un passage obligé; ou bien vous êtes fan de jeux bishoujo pour une autre raison que le contenu ero, et alors ça peut être une lecture recommandable; ou bien vous êtes comme moi, et vous attendez patiemment le volume 3 de Hibiki no mahou :-).

8. Comic High

Couverture de Comic High
Type de magazine: 
manga
Tendance éditoriale: 
shoujo pour grands garçons
Lancement: 
mars 2004
Périodicité: 
mensuel (tous les 22 du mois)
Prix: 
550¥
Âge des héroïnes: 
U18
Bonnets: 
A
Ero level: 
★★ (^-^*)
Moe level: 
☆☆ (´∀`)

Un autre courant assez différent mais tout de même assez chaste du moe, c'est celui qui tire sa source du manga shoujo — par quoi il faut bien entendu entendre non le manga pour adolescentes emo, exaltant la chétivité morbide de bishounen ténébreux, mais bien le manga pour petites filles, façon Ribon ou Nakayoshi (depuis Sailor Moon ou Akazukin Chacha jusqu'à Shugo Chara et PreCure). Il a eu une importance notable dès les origines du mouvement moe, en inspirant des magazines tels que Manga Burikko ou les premiers participants masculins du Comiket, et ça n'a pas cessé depuis. Il suffit de compte le nombre de messieurs qui se pressent à chaque séance de signature de Yabuuchi Yuu, notamment pour Naisho no tsubomi, ce célèbre manga d'éducation sexuelle pour écolières dont l'adaptation animée n'est pas à mettre entre toutes les mains.

Bref, il y avait à l'évidence un marché pour le shoujo pour garçons, et Futabasha l'a très explicitement visé, en lançant Comic High! en 2004 avec le slogan « Une première dans l'industrie?! Comic High, le magazine de shoujo manga pour les hommes », et des titres tels que Hitohira ou Aitama. Un magazine de manga seinen, donc, mais souvent dessinés par des femmes, dont les personnages principaux sont des filles (écolières, collégiennes ou lycéennes, de préférence en uniforme), et où la présence masculine est assez secondaire, voire effacée. Il me semble que cette formule était effectivement une première, même si des concurrents sont apparus ensuite, particulièrement Comic Yell! Plus tard, le magazine a changé de format et le slogan est devenu « Girlish Comics for Boys and Girls », sans que le style d'ensemble en soit sensiblement affecté. On a pu voir apparaître des titres moins shoujo et plus otaques, comme Mii-tan et surtout, très récemment, l'adaptation manga de Zettai Shougeki, mais les principales séries restent « féminines ».

La première d'entre elles, la tête d'affiche de Comic High!, est sans conteste Kodomo no jikan de Watashiya Kaworu. Ce manga a fait couler pas mal de pixels en occident au moment où, après que Seven Seas en a acquis la licence nord-américaine, quelques chasseurs de sorcières fourbissant leurs fourches les ont finalement fait reculer (je retiens pour ma part avec une certaine amertume les explications de DeAngelis, que ceux qui, contrairement à lui, avaient effectivement lu l'original, ont pu trouver indélicates). Je ne doute pas que les fâcheux qui pontifient sur Kodomo no jikan sans avoir jamais ouvert un volume ricanent à l'idée qu'on puisse y voir une grande influence shoujo, mais elle est pourtant présente, et n'a rien d'étonnant si l'on connaît un peu le reste du travail de l'auteure (d'ailleurs, lisez Dame yome nikki, c'est plus josei que shoujo mais c'est tout à fait réjouissant).

À côté de ce pilier du magazine, ou de Hitohira déjà cité, on peut mentionner Potemayo, 4-koma à mon avis dépassé par son adapatation animée mais pour autant bien sympathique. Évoquons encore Girl friends, romance lycéenne yuri qu'apprécieront les fans du genre, et Chuu-bra, dont je ne dirai rien, sinon que chuu désigne ici le collège, et bra, bien sûr, le soutien-gorge...

Comic High! fait donc figure de précurseur sur un créneau plutôt porteur, et publie un certains nombres de titres qui valent le détour. Le ton est parfois légèrement ecchi, mais pas davantage, au fond, que les magazines shoujo dont il s'inspire (et ne parlons pas de quasi porno comme ShoComi!). Initiative à signaler: le magazine a lancé récemment WEB Comic High!, un supplément consultable gratuitement sur le site officiel, où sont serialisés dix manga originaux. N'hésitez pas à jeter un œil.

7. Megami

Couverture de Megami
Type de magazine: 
culture visuelle
Tendance éditoriale: 
personnages d'anime en 60x40
Lancement: 
juillet 1999
Périodicité: 
mensuel (tous les 30 du mois)
Prix: 
780¥
Âge des héroïnes: 
lycéennes
Bonnets: 
C
Ero level: 
★★★ (*'-'*)テレッ
Moe level: 
☆☆☆ (*^▽^*)ニャハッ

Avec Megami, on entre dans une catégorie bien différente. Plutôt qu'un magazine qui se lit, comme la plupart des autres ici, c'est un magazine qui se feuillette. Le Paris Match de la 2D, si vous voulez.

Megami: le poids des kanji, le choc des CGs.

La comparaison n'est peut-être pas flatteuse, mais j'avoue que c'est un style de publications qui me laisse un peu sur ma faim, personnellement. Cela dit, il faut bien reconnaître que l'idée de mettre l'image en avant dans un domaine tel que la « culture visuelle » comporte une certaine logique, que Megami embrasse depuis des années avec un certain brio.

Alors, qu'y a-t-il dans un numéro de Megami? Essentiellement, des articles et des dossiers sur tous les anime moe-moe du moment. Foin d'analyse de fond, bien entendu, mais de larges collections d'images fixes sélectionnées avec un certain goût, et flanquées d'entrefilets (commentaires de seiyuu, présentations succinctes des personnages, etc.) qui n'ont pas vraiment besoin d'être lus — d'autant moins en réalité que les lecteurs sont souvent déjà familiers des séries évoquées. Il s'agit juste d'adjoindre un peu de kawaii textuel aux déluges de kawaii graphiques qui remplissent déjà les pages.

Quelques pages sont aussi consacrées à l'actualité des jeux consoles ou des goodies bishoujo, mais surtout dans la mesure où ils ont un rapport avec les anime. Car ce sont bien les anime (et plus précisément le genre d'anime qui compte de jolis personnages féminins et qui passe tard dans la nuit) qui sont le point de mire de Megami, et l'on peut penser que c'est une faiblesse. Ce qu'on pourra trouver dans Megami au sujet d'un anime du moment n'est pas bien différent de ce qu'on verra en se rendant sur le site officiel. Le fan pourra occasionnellement trouver un peu de contenu original sur une série précise, notamment des dessins et CGs d'illustrateurs originaux dans un article traitant d'une adapatation, mais rien qui justifie d'acheter le magazine tous les mois (aparté: en googlifiant par hasard « Megami every month », je tombe sur cet article de Zac Bermachin où je lis: « Newtype, which was probably the magazine most tailored to the taste of the hardcore superfan » — je suis sans voix).

Et pourtant, Megami a dépassé les cent numéros cet été et semble toujours très bien se porter, comptant même une ribambelle d'abonnés occidentaux. La vérité, c'est que ce n'est pas pour sa qualité journalistique que ce magazine s'arrache, mais pour les petits extras qui viennent avec: des pencil boards, des autocollants, des calendriers et surtout, dans chaque numéro, assez de posters pour retapisser votre chambre de demoiselles à deux dimensions plus ou moins court vêtues. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle les gens qui se procurent des contrefaçons chinoises d'affiches d'anime auprès de revendeurs peu scrupuleux ne sont pas seulement receleurs mais aussi pas très futés. Qu'ils prennent plutôt un Megami: les créateurs seront rémunerés, et eux-mêmes en auront pour leur argent.

Il y a d'autres choix, cela dit: Media Works proposait jusqu'en 2005 Dengeki Animaga dans le même esprit, et Kadokawa Shoten a lancé son concurrent Comp H's (c'est-à-dire Comptiq Heroines) l'an dernier. Mais en matière de pin-ups à l'effigie des personnages d'anime, Megami semble conserver son leadership, sauf peut-être auprès des fanboys de KyoAni, très choyés par Comp H's.

Et la suite?

Au prochaine épisode! 次回もよろしくぅ〜

DevinetteEn guise de preview, et pour patienter, une devinette: à votre avis, quel est cet objet?

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Nog
Tue, 2008-10-28 01:58
 

"En guise de preview, et pour patienter, une devinette: à votre avis, quel est cet objet?"
euh? une pochette de portable en forme de maillot de bain scolaire?

Tue, 2008-10-28 04:07
 

Je ne regrette pas de t'avoir fait chier ces dernières semaines heh.

Merci pour ce billet plein d'informations dont certaines pourraient m'être utiles dans quelque mois.
En tout cas, ça fait plaisir des articles bien structurés comme ça et welcome back !

Et pour la devinette je suppose qu'on risque de la voir vendredi ? :)

Tue, 2008-10-28 06:29
 

Voilà un billet plein de PASSION ! Bravo pour ce billet complet avec de nombreuses informations. Pour le Megami, j'aurais mis bonnet D :p
Puis ça va me permettre de faire ma petite sélection, il faut bien qu'un jour que je commence à acheter ces magazines au lieu de me contenter des scans, par contre ça va me coûter cher je sens. Des sites/boutiques à conseiller pour l'achat de tels magazines ? Car bon, Junku et ses prix...
Sinon, la devinette...je ne veux pas savoir en fait (même si la proposition de Nog me paraît la meilleure).

Tue, 2008-10-28 11:29
 

Oh honte à moi je n'ai pas vu le petit wink wink qui trainait.
Sacré mt-i ;)

mt-i
Tue, 2008-10-28 19:46
 

@Nog: pas exactement mais c'est l'idée.

@nyo: je pourrai l'apporter vendredi, effectivement. "Wink wink".

@kyouray: tu as vu, je crois, que j'avais commencé par indiquer "bonnet D", mais en feuilletant mes exemplaires, j'ai corrigé à la baisse. Alors c'est vrai que je n'achète Megami que lorsque le contenu m'intéresse, ce qui introduit peut-être un biais vers le bas; mais peut-être que de ton côté c'est l'inverse :-).

Concernant les emplettes, c'est une très bonne question. Et oui, j'ai des choses à conseiller et même un article en préparation à ce sujet (PASSION quand tu nous tiens!). Cela dit, les magazines (en tout cas les bottins téléphoniques comme Daioh; ça vaut évidemment moins pour Megami) posent un problème spécifique: c'est d'être assez lourds relativement à leur prix, ce qui fait qu'il est difficile d'avoir des frais de ports non négligeables. Il y a des boutiques qui proposent des livraisons lentes pour compenser un peu (par exemple nippon-export), mais elles n'ont pas forcément beaucoup de choix. Le mieux à mon sens est de prendre quelques magazines dans une commande plus grosse pour limiter la charge.

Thu, 2008-10-30 02:55
 
[...] J-List ou HLJ. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce magazine, je vous invite à lire l’article très complet de mt-i qui vous présente cette revue ainsi que d’autres magazines du même [...]
Thu, 2008-10-30 15:13
 

Merci pour cet article précis, clair, détaillé. Bref, parfait quoi. L'abondance des liens est très agréable, enfin, on sent le travail de fond derrière.

La blogosphère française revit, enfin ... ^^

Sat, 2008-11-08 03:36
 

Si ça c'est pas du retour en grande forme, je ne sais pas ce que c'est!
Mathieu.

Fri, 2008-12-26 23:29
 

bah alors, et la partie 2 ?

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